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a pluie gicle, crisse par poignées serrées contre mes opaques lucarnes.
Mes prunelles fatiguées balaient une pièce tendue de teinture écarlate, lumière diffuse et ronde, qui échoppe les formes, écrin, tombeau du poète silencieux.
Suant, je me suis cousu aujourd'hui un manteau de sommeil lourd et taciturne, hoquet de douleur, de celle qui, à l'instar des regards feutrés, glisse la nuit sous votre oreiller de plume.
Suant colère, grondant de rage, j'observe tapi s'élancer les ombres.
Autant de silhouettes découpées s'éloignant sans cesse, marée humaine, gigantesque et grouillante de détails perdus.
La lampe gigote, crépite en sanglot, s'éteint.
Sous ma plume reste un coin de ciel bleu, des soleils bleus qui tournoient, fondent en lumières onctueuses, des couchers violets striés de rire.
D'une salive qui roule dans ma bouche d'un parfum sucré et secret, chaleur éreintée d'un coeur de neige sale.
Mais fermement attaché, pour combien de temps encore ! , à cette terre rêche, j'enfonce mes épaules, tasse mes rêves, remballe mes rires.
D'un poing furieux qui écrabouille d'encre tachetée les figures moqueuses, je brise soudain les barreaux de verre de cette sordide prison.
J'y glisse ma tête, laisse baigner ma nuque aux rythmiques sanglots d'un univers en pleurs.
La bise caresse ma solitude, ébouriffe ma crinière, recueil des impressions délavées qu'elle éparpille au vent frais.
Le froid picote mes jours et évente mes souvenirs.
Etalé, barbouillé, un épais nuage, passe, sur lequel s'égrène un chapelet d'étoiles blanches.
La nuit sera de poix, la nuit sera oppressante.
J'écorche soudain les étoiles, lueurs obséquieuses de mes songes, me les fourre sans un cri entre mes dents serrées, en écume le goût amer et rance...
Vague amertume, colère sans passion, impression timide et pâle, je finis par cracher cette noire rancœur : la réalité s'érode, se dérobe sous mes pieds, et finit par crever comme un ciel d'orage !
Le soir ronge mes ailes, une idée qui trottine, piétine par foulées chaque centimètre carré de mon crâne : s'évader.
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