Voulez-vous jouer aux surréalistes (suite) ?
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a classe de lère L s'est cette année encore livrée à quelques jeux que les Surréalistes prisaient particulièrement au début du siècle dernier. Ces jeux font appel à la spontanéité et au hasard, se pratiquent en groupe et ne réclament aucun talent artistique particulier. Lautréamont à la fin du XIXe siècle disait déjà : « La poésie doit être faite par tous. Non par un. »
Le « cadavre exquis »
C'est le jeu surréaliste le plus connu, inventé par Jacques Prévert et ses amis vers 1925. Il se nomme ainsi, car la première phrase produite fut : « Le cadavre exquis - boit - le vin nouveau ». La règle du jeu est simple. On prend une feuille blanche et chacun participant écrit un morceau de phrase, plie la feuille de façon à cacher ce qu'il a écrit, et la passe au suivant qui complète la phrase toujours à l'insu des autres, et ainsi de suite.
On peut utiliser le canevas grammatical suivant, pour corser le jeu :
1 - Complément circonstanciel de lieu ; 2 - Complément circonstanciel de temps ; 3 - Un nom ou un groupe nominal ; 4 - Un adjectif ou une proposition relative ; 5 - Un verbe conjugué (transitif direct ou indirect) ; 6 - Un adverbe ou une locution adverbiale ; 7 - Un nom ou un groupe nominal, 8- Un adjectif ou une proposition relative; 9 - Un gérondif; 10 - Un complément circonstanciel de lieu.
On fait ensuite les accords grammaticaux et de temps si nécessaire. Le « cadavre exquis » est prêt à être consommé !
Voici leurs trouvailles :
Dans la voiture – hier soir - l’horrible - principal - a - doucement - réalisé – Laurence – dans la savane.
Dans la rue – cette nuit – Eustache Eubache – a – tranquillement – joué Mathilde.
Dans la chambre – en pleine Guerre de Cent Ans – la grande Clémence – a doucement - léché – Mamie – au Ministère de l’Education.
A l’infirmerie – hier soir – Madame le Proviseur – qui titubait – croquait – innocemment Hannibal Lecter – dans les profondeurs de l’âme.
Sous les rochers – cette après-midi – Ken le - gras - survivant de l’enfer – voulait – lourdement - Titeuf – dans les toilettes.
Dans les toilettes – à la Toussaint – le gros - Papi Pancho – songea – merveilleusement au – Maire Alphonse – sur les abords d’un volcan.
Aux abords de tes jambes – un chaud matin d’hiver – la jolie Clara Morgane – tout empressée – avait léché – rapidement – la folle – dans la niche du chien.
Dans les contrées lointaines de la Mongolie – par un temps de pluie – l’imperturbable Folcoche – dégustait – de manière effrénée – la nature – dans la grotte des Premiers Français.
A l’hôtel – à 00 heures – une chatte – infectée – jouait tout méchamment – dans la voiture - au bord du lac Michigan.
Dans l’exotisme de Haïti – au moment où le temps passait lentement - une sucette à l’anis – bien rôtie – avait coincé – rapidement - monsieur Sarkozy – à Cilaos.
Le jeu des définitions
Une première personne écrit une question commençant par : « Qu'est-ce que... ? » Le partenaire, ignorant la question, doit trouver une réponse spontanée commençant par : « C'est... ». On découvre ensuite le résultat.
- Qu’est-ce qu’une chose rose qui se balance de branche en branche ?
C’est marcher dans la rue tout nu en sifflant.
- Qu’est-ce que la loi du plus fort ?
C’est ta grand-mère qui est restée coincée dans les toilettes.
- Qu’est-ce qu’une femme ?
C’est un trou noir logé dans une tasse à café chez un quinquagénaire myope et unijambiste.
- Qu’est-ce qu’une libellule dans un marais néerlandais ?
C’est le vomi de mon chien qui flotte dans ta baignoire.
- Qu’est-ce que la vie d’un homme susceptible ?
C’est ton papa en train de siroter du whisky sur le fleuve de Manapany.
- Qu’est-ce que l’amour ?
C’est se baigner en plein air avec Huguette Bello.
La classe de Ière L.
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